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« C’EST UN JOUR IMPORTANT POUR MOI. JE PENSE A TOUS LES ENFANTS VICTIMES DE PEDOCRIMINALITE. JE VEUX LEUR DIRE QU’ILS NE SONT PAS SEULS »

« C’EST UN JOUR IMPORTANT POUR MOI. JE PENSE A TOUS LES ENFANTS VICTIMES DE PEDOCRIMINALITE. JE VEUX LEUR DIRE QU’ILS NE SONT PAS SEULS »

mai 11, 2026

Ce sont les premiers mots d’Adèle Haenel à la sortie du palais de justice de Paris, ce vendredi 17 avril 2026, après la condamnation de Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur mineure. Six ans après les révélations de « Mediapart », la cour d’appel de Paris a condamné, le 17 avril 2026, le réalisateur Christophe Ruggia à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, pour avoir agressé sexuellement Adèle Haenel entre ses 12 et 14 ans.

Adèle Haenel, éprouvée, encore sous le choc, a souhaité s’exprimer « C’est un jour qui est important pour moi, je pense immédiatement à tous les enfants en fait qui sont victimes de pédocriminalité, je veux dire que moi j’ai fini mon parcours judiciaire, en ce qui me concerne, toute ma vie sera dédiée à la justice et à l’avancée des droits humains et que c’est vraiment à tous ces enfants et toutes ces femmes que je pense, voilà, leur dire qu’ils ne sont pas seuls. »

Christophe Ruggia, un homme qui avait 3 fois l’âge de sa victime et qui exerçait sur elle un rôle d’autorité lors de ses samedis après-midi passés dans le huis clos de son appartement. Et c’est cet homme qui n’a pas hésité à se présenter comme une victime devant la justice, qualifiant la jeune adolescente qu’était alors Adèle Haenel de séductrice, sensuelle et hystérique.

À l’inverse, les déclarations d’Adèle Haenel ont été, selon la Cour, précises, avec des détails qu’elle n’a pas pu inventer et des conséquences très concrètes sur sa santé, dévoilant à la barre un traumatisme symptomatique des enfants victimes de violences sexuelles. « Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas », a-t-elle lâché.

Pour la Cour d’appel de Paris, il n’y a donc aucun doute sur la véracité des accusations portées par Adèle Haenel, des faits d’une extrême gravité, a dit le président et qui justifient donc cette peine, 5 ans de prison, dont 3 ans avec sursis. Pas d’emprisonnement réel pour monsieur Ruggia, comme l’avait réclamé l’avocat général mais la pose d’un bracelet électronique. « Vous étiez une enfant, vous êtes une victime et il est coupable »

C’est surtout un signal envoyé à tous les enfants, estime maître Anouk Michelin, l’une des avocates d’Adèle Haenel. « Les enfants sont des êtres qu’il nous faut protéger. C’était aussi ça le sens de la prise de parole d’Adèle Haenel en 2019. Adèle Haenel qui confiait en 2024 : « Je suis la représentante de cette enfant qu’aucun adulte n’a protégé »